Tambacounda: les bienfaits de l’Epargne pour le changement (EPC) loués par des bénéficiaires





Les bienfaits du programme Epargne pour le changement (EPC) intégré dans la mise en œuvre de l’initiative en faveur de la résilience rurale face aux changements climatiques (4R) ont été loués par les bénéficiaires membres des régions de Tambacounda et Kaffrine.

Plus de 400 groupes dits EPC de ces deux régions ont pu par ce moyen mettre de côté près de 40 millions de francs CFA. “Quelque 7.843 femmes et 1971 femmes des régions de Tambacounda et Kaffrine ont pu amasser un fonds de 39.904.650 francs CFA dans le cadre de ce programme”, a indiqué mercredi lors d’un CRD, Kadia Camara, adjointe au secrétaire exécutif de l’ONG La Lumière qui encadre la mise en œuvre de la composante EPC du projet 4R.

Cette épargne a permis de donner 4.952 prêts à hauteur de 10,5 millions à des membres de ces groupes, pour booster leurs activités génératrices des revenus, a-t-elle poursuivi.

Inspiré du système de tontine traditionnel, l’EPC consiste en ce qu’un groupe de 15 à 25 membres crée un fonds collectif sur la base d’épargnes hebdomadaires. L’argent ainsi collecté est redistribué aux membres sous forme de prêts, dont les intérêts générés font croître progressivement le fonds des groupes, a dit Mme Camara.

Ce programme a démarré en 2007 à Tambacounda, soit un an après avoir été expérimenté à Kédougou. Initialement conçu spécialement pour les femmes, l’EPC s’est par la suite élargi aux hommes, avec l’arrivée en 2013 du projet 4R.


Le projet 4R financé par Oxfam et le PAM et qui tire à sa fin, a comme structures d’exécution La Lumière pour l’EPC, Bamtaare pour la production agricole et la CNAAS pour ce qui est de la composante assurance agricole.
Outre les gains financiers, l’EPC a contribué à une “forte cohésion” au sein des communautés bénéficiaires, qui se fixent un objectif clair et ont “une vision plus claire de ce qu’elles veulent leur communauté”, a dit la responsable. S’y ajoute, a-t-elle relevé, un “début d’autonomisation” des femmes membres des groupes EPC.

“Auparavant, on courait derrière les banques qui nous fatiguaient et quand on recevait un crédit, on avait dépensé tellement d’argent que cela revenait presque à rien”, a dit Awa Sall, membre d’un groupe EPC à Missirah.
Elle a indiqué avoir démarré la construction de son bâtiment après le premier partage du fonds de son groupe où elle s’est retrouvée avec 450.000 francs.

Dans leur témoignage ,des bénéficiaires issus de divers villages ont raconté comment ce programme a amélioré leur niveau de vie, leur pouvoir d’achat, permettant à certains de démarrer des activités génératrices de revenus.

Ils ont demandé une rallonge du projet, estimant que la fin de l’hivernage passé qui n’a pas été bon, n’est pas le meilleur moment pour un projet de résilience de cette portée de se retirer alors que les gens en ont le plus besoin.
Bangaly Diallo, a au nom de la plateforme des acteurs non étatiques, invité les bénéficiaires à tâcher de ne pas être des “éternels assistés” et à œuvrer à la pérennisation du programme, grâce au savoir-faire acquis.
L’adjoint au maire ,Bounama Kanté, a invité l’ONG La Lumière à exposer ce programme à l’association des maires du Sénégal (AMS), qui pourrait être intéressée par cette stratégie de financement.

Il a invité la structure à penser aussi à l’avenir à se déployer dans les quartiers périphériques de Tambacounda qui ont une caractéristique rurale, eu égard à la composition de leurs populations.
De 500 en 2013, première année d’exécution du projet EPC, le nombre de participants a été porté à 6.000 l’année suivante et l’initiative, élargie à la région de Kolda.

Aujourd’hui, la composante épargne du projet concerne 17.000 personnes dont 73% de femmes sur les trois régions de Kolda, Kaffrine et Tambacounda, avait récemment noté Rama Leclerc, coordinatrice de la composante épargne du projet.

Ces participants sont formés à la gestion de leurs revenus. A ce jour, les bénéficiaires ont totalisé 113 millions de francs CFA d’épargne, les participants ont pu bénéficier de prêts et ont remboursé “à 100%”, avait dit Rama Leclerc, avant d’ajouter : “on aimerait une mise à l’échelle sur tout le territoire national”.

Lancée en novembre 2012 dans la commune rurale de Koussanar dans la région de Tambacounda, l’initiative 4R a testé un package intégré d’outils, parmi lesquels des moyens de mesure et de gestion des risques de catastrophe, des services financiers comme l’assurance, le crédit “warrantage” et l’épargne au profit des populations les plus pauvres.
Les responsables d’Oxfam et du PAM ont plaidé récemment pour l’intégration dans les politiques nationales et le passage à l’échelle, de l’initiative 4R, soutenue par les deux organismes, eu égard à sa simplicité et à l’impact qu’elle a eu sur les populations rurales bénéficiaires.

APS